Enfin quelque chose à raconter et qui sorte quelque peu du commun.
Seulement, ce qui suit ci-dessous m'est assez marquant, du fait justement de son caractère peu commun, mais aussi du fait que cela se soit déroulé à une trentaine de mètres de l'endroit où nous nous trouvions, (Ysmaël, Mélanie, et autres personnalités tout aussi époustouflantes) sans que nous ne nous en soyions douté.
Je tiens à préciser que ces faits se sont, à quelques éléments près, réellement produits.
Bien, il est temps pour moi de commencer.
Hier soir, comme il l'était prévu, Ysmaël et moi allâmes assister aux performances scéniques elles aussi époustouflantes (notons le tout de même) des groupes que sont Subphonic et Goon, et ce, au Music Bar, en plein centre du Quartier de L'Eure dans notre belle ville du Havre. A la fin de ces deux concerts, vers dix heures du soir, nous nous empressâmes de sortir de l'atmosphère étouffante du dit Music Bar, afin de prendre l'air, c'est à dire de fumer quelques cigarettes au goût si délicieux.
Dès notre premier pas hors de la salle, nous fûmes interpellés par les girophares d'une fourgonette de pompiers, située approximativement à une vingtaine de mètres de nous. Un homme à terre, visiblement en grande difficulté, les pompiers le maintenant en Position Lattérale Sécurisée bougeait très faiblement. Les pompiers tentant de lui faire reprendre ses esprits (lui serrant l'on n'aurai su dire quoi autour du cou), il était entouré d'un atroupement d'une bonne dizaine de personnes. Afin de ne pas vouloir paraître comme beaucoup (bien que l'événement m'attira) je m'écartai en compagnie d'Ysmaël de quelques mètres. Nous nous assîmes alors sur une barrière, non loin de l'entrée de la salle de concert, tandis qu'une fourgonette du SAMU ainsi qu'une voiture de police arrivaient sur les lieux.
Nous commençâmes alors à discuter quand soudainement, une dame au physique légèrement ingrat fit irruption devant nous, titubante, un sac (contenant ce qui m'a paru être deux bouteilles d'un rosé bon marché) à la main. Au beau milieu de borborygmes incompréhensibles de sa part, Ysmaël et moi même entendîmes clairement "Putain, il n'est pas encore crevé cet enculé ? -rot-". Nous nous regardâmes, commençant à faire le lien entre cet homme au sol, se vidant paraissait-il de son sang. Cet homme, justement.... les pompiers le recouvrirent d'une légère couverture blanche comme neige de la tête aux pieds. Alors, ils le portèrent délicatement jusqu'à l'intérieur de leur véhicule, le déposèrent, et refermèrent les portes sur le linceul.
Certains observaient la scène d'un air hagard, d'autres avec une fascination morbide, d'autres encore feignaient l'indifférence, ou même y étaient indifférents. Pendant ce temps, la femme, dans son état d'ébriété déconcertante, continua d'avancer de quelques pas peu sûrs, manquant de chuter à chaque instant, vers le lieu où un homme venait de perdre la vie. Les "gardiens de la paix", au nombre de trois, se dirigèrent droit sur la femme saoûle aussitôt qu'ils l'apperçurent, et commencèrent à la fouiller. Ils sortirent de ses poches des cartes de toute sorte, de l'argent (qu'ils comptèrent), mais aussi et surtout une arme blanche, un couteau de cuisine. Nos craintes confirmées, nous nous regardâmes ébahis.
Les pompiers partirent enfin de cette scène de crime, emportant le malheureux avec eux, tandis que les policiers menottaient l'assassin. Une dizaine de minutes plus tard arrivait une fourgonette de police, celle-ci surement plus sécurisée que la simple voiture déjà présente. Là, ils la firent monter à l'arrière, et l'encadrèrent de deux hommes. Posant un pieds dans le véhicule, elle ne manqua pas à ce moment précis d'insulter les policiers qui l'emmenaient pourtant avec une douceur qui me surprit profondément. L'un d'eux lui réparti un "Oui Madame, bonne soirée à vous aussi Madame !" qui me fit sourire. Puis tous partirent enfin, pompiers, policiers, infirmiers, après une bonne heure restée sur place.
Que dire d'autre ? L'on se sent loin de tout ça, jusqu'à ce que cela arrive à l'un de nos proches. Je le sais, cependant, j'ai moi-même beaucoup de mal à me rendre compte de la gravité de l'événement auquel j'ai pu assister hier. C'est à méditer, comme beaucoup d'autres choses passées et futures.